Entretien : Ruffier : « Faire mon match à Istres. »
Mis
en ligne le 15 janvier 2010 / Par Florian.
Entré en jeu à Lyon, le jeune gardien Romain Ruffier sera titulaire pour la première fois de sa carrière avec l'équipe première du FC Metz. Il se dit prêt, et espère réaliser une bonne prestation. Entretien.
• Vous souvenez-vous devotre première réaction, mercredi, quand Christophe Marichez a commis
la faute conduisant à son exclusion ?
« Direct, je me suis tourné vers l’entraîneur, qui m’a aussi regardé
immédiatement. Il m’a fait un signe de la tête en direction du terrain.
Frédéric Biancalani m’a alors dit de prendre mon temps, car Lisandro
était blessé. D’un coup, je n’entendais plus rien, comme si je me
trouvais dans une bulle ! »
• Une fois sur le terrain, avez-vous pris le temps de réfléchir à ce qui vous arrivait ?
« Comme je rentre sur un coup franc, je me dis juste : si tu prends le
but, ta soirée va être pourrie... J’ai la chance qu’il passe au-dessus
et, ensuite, j’ai vite gagné mon premier duel face à Lisandro. C’est
sûr, ça m’a permis de rentrer tout de suite dans mon match... Après, je
me suis dit : concentre toi, vas sur les ballons, prends des risques,
montre que tu es là. »
• Votre impression, après coup ?
« J’ai trois ballons chauds, deux face à face et une sortie aérienne,
je suis assez satisfait de mon bilan. C’était mon impression en sortant
du terrain. Puis, en sortant des vestiaires, j’ai dû m’arrêter pour
répondre aux questions des journalistes : ça, c’est très rare. J’ai
ensuite découvert de nombreux messages, et j’ai reçu l’appui de mes
coéquipiers, ça fait plaisir. »
• La nuit a été bonne ?
« Non ! Je n’arrêtais pas de me réveiller, de refaire le match et de me
demander ce que j’aurais pu faire pour éviter les deux buts. Pas
grand-chose, en fait : sur le deuxième, le ballon est dévié et, sur le
troisième, je me retrouve seul sur un contre lyonnais... J’ai quand
même passé une nuit compliquée ! La déception, sûrement, car en
rentrant je pensais vraiment que nous allions égaliser et atteindre les
tirs au but. »
• Même si un deuxième gardien prétend toujours se tenir prêt, s’attend-on vraiment à un tel scénario ?
« J’ai un pote, Freddy, qui m’avait appelé l’après-midi pour me dire
que j’allais jouer, il était même prêt à venir à Lyon ! Mais bon, non,
on ne s’attend pas à entrer en jeu dans de telles circonstances. On a
beau se tenir prêt à répondre présent, c’est plus compliqué que ça.
Cela fait six ans que j’y travaille mais c’est dur de ce dire que ton
tour va arriver et qu’il n’arrive pas. A Nantes, quand Christophe s’est
blessé, c’est Oumar Sissoko qui est entré, c’était lui le remplaçant ;
le match d’avant, c’était moi... Mercredi, j’ai eu de la réussite. »
• La hiérarchie, derrière Christophe, vous a-t-elle été précisée ?
« Non. En début de saison, je pense qu’il y avait deux numéros deux,
Oumar et moi. Comme il a réussi une bonne rentrée à Nantes, il a joué,
normal. Puis, avec son départ à la Coupe d’Afrique des Nations, je
savais qu’une opportunité pouvait se présenter, c’est ce qui s’est
passé. »
• Vous avez un peu plus de temps pour vous préparer à jouer à Istres, samedi. Ça va ?
« Je m’en suis rendu compte à cinq minutes de la fin du match à Lyon.
Je me suis dit : mince, Christophe a pris un rouge, je vais jouer à
Istres ! En fait, pour l’instant, je n’y réfléchis pas trop. Il sera
bien temps le jour du match. Là, le contenu de la séance a été le même
que si je ne jouais pas. »
• Quand Christophe pourra rejouer, vous redeviendrez remplaçant. C’est dur ?
« Oui, bien sûr. J’ai beau me dire que c’est le lot de ma situation, je
suis persuadé que je trouverai ça frustrant. Mais je vais déjà faire
mon match à Istres ! »